Partage d’énergie solaire au Luxembourg : comment revendre son surplus ?
Au Luxembourg, le surplus d’une installation photovoltaïque se vend de deux façons : injecté dans le réseau au prix de marché, environ 5 c€/kWh en 2026, ou partagé avec des voisins à un prix fixé ensemble, le plus souvent 8 à 12 c€/kWh. À 10 c€, le partage rapporte 70 % de plus que l’injection, même après 1,5 c€ de frais de gestion, sans changer de fournisseur ni installer de matériel. Le voisin, lui, paie son électricité moins cher, et un service comme l’Energy Sharing Service d’Enovos peut prendre le groupe en charge de A à Z, de sa création à la facturation.
En bref
- Le principe : vous vendez à vos voisins l’électricité solaire que vous ne consommez pas, au prix que vous fixez ensemble, sans changer de fournisseur ni installer de matériel.
- Ce que ça rapporte : 8 à 12 c€ par kWh partagé, contre environ 5 c€ en l’injectant dans le réseau, soit à peu près 200 € de plus par an avec 8 kWc et six voisins.
- Pour se lancer : l’Energy Sharing Service d’Enovos s’occupe de tout, de la création du groupe à la facturation, pour 1,5 c€ HT par kWh partagé et par compteur. Entre proches, vous pouvez aussi gérer le groupe vous-même.
1. Qu’est-ce que le partage d’énergie ?
Le partage d’énergie permet à un producteur d’électricité renouvelable de céder son surplus à un groupe de consommateurs enregistré (voisins, copropriété, commune, PME), au moment où il est produit, à un prix que le groupe fixe librement. Le mécanisme est purement comptable : chaque quart d’heure, les compteurs Smarty mesurent ce que chaque membre injecte et soutire, puis le gestionnaire de réseau (Creos dans la majeure partie du pays) répartit les kWh selon la clé de répartition du groupe. Les kWh partagés sont déduits de la facture du fournisseur du consommateur et payés au tarif du groupe ; le reste du surplus est injecté comme avant.
Trois conséquences : personne ne change de fournisseur ; seul ce qui est produit et consommé au même moment est partagé, d’où l’importance du nombre de voisins ; aucun matériel n’est nécessaire, le compteur Smarty et la plateforme nationale LENEDA suffisent.
Le cadre légal : loi modifiée du 1er août 2007 sur le marché de l’électricité (articles 8ter et 8quater, réécrits par la loi du 9 juin 2023) et règlement ILR/E24/1 du 5 février 2024 de l’Institut Luxembourgeois de Régulation (ILR), auprès duquel les communautés énergétiques (CEL et CER) doivent être notifiées. L’article 20 (5ter) exonère de frais de réseau volumétriques les kWh partagés en basse tension à moins de 300 mètres.
Le mouvement s’accélère : le registre officiel comptait 134 communautés énergétiques au 3 août 2026, contre 52 un an plus tôt. Fin 2025, le pays recensait 33 304 installations photovoltaïques (746 MW) et 444 GWh autoconsommés ou partagés, 122 % de plus en un an.
2. À quel prix revendre son surplus solaire en 2026 ?
Le Luxembourg ne pratique pas le comptage net : injection et consommation sont mesurées séparément. Un kWh solaire n’a donc pas la même valeur selon son usage.
| Usage du kWh | Valeur en septembre 2026 | À savoir |
|---|---|---|
| Autoconsommé | ≈ 20 c€/kWh économisés sur la facture | La meilleure valorisation, mais limitée à 25 à 45 % de la production sans batterie |
| Partagé avec des voisins | 8 à 12 c€/kWh prix fixé par le groupe, moins 0 à 1,5 c€ de frais de gestion | Le surplus que le groupe n’absorbe pas reste injecté |
| Injecté dans le réseau | ≈ 4 à 6 c€/kWh au prix de marché · Enovos : indice MW Solar × 0,8, soit 5,09 c€ en août 2026 et 1,05 c€ en avril 2026 | Régime de toute installation aidée par le Klimabonus ; prix révisé chaque mois |
Sources : Enovos — MW Solar · Netztransparenz — Marktwert Solar · guichet.lu — Klimabonus
Ce qui a changé le 4 janvier 2026. Le Klimabonus finance jusqu’à 10 000 € d’installation photovoltaïque (plus 2 250 € pour une batterie), mais uniquement en autoconsommation et à condition de renoncer au tarif d’injection garanti. Le surplus est alors payé au prix de marché, qui suit l’indice allemand MW Solar : 11,02 c€ en janvier 2026, 1,32 c€ en avril, 6,36 c€ en août. Plus il y a de soleil, plus l’indice baisse : le kWh vaut le moins sur le marché quand on en produit le plus, alors qu’un voisin le paie au même prix toute l’année. Les installations plus anciennes, encore sous tarif garanti, ont intérêt à le conserver jusqu’à son terme.
3. Combien rapporte le partage d’énergie ? Exemples chiffrés
Le prix du kWh partagé se situe entre deux bornes : ce que le producteur toucherait en injectant (environ 5 c€) et le coût évité du voisin, c’est-à-dire ce qu’il paierait à son fournisseur pour le même kWh. Dans un groupe local, ce coût évité atteint 17 à 19 c€ HT : environ 12,5 c€ d’énergie, 5,10 c€ de frais de réseau volumétriques (exonérés à moins de 300 m) et 0,10 c€ de taxe. À 10 c€, le producteur gagne 70 % de plus qu’en injectant, et le voisin économise encore 5,5 à 7,5 c€ par kWh.
Ce que rapporte le surplus, injecté ou partagé
Calculs Switchr sur l’ensoleillement horaire réel du Luxembourg (PVGIS) : producteur consommant 4 500 kWh par an sans batterie, voisins à 3 500 kWh par an, tarif de partage de 10 c€, prix de marché de 5 c€, et 1,5 c€ de frais de gestion déduits par kWh partagé, soit le tarif de l’Energy Sharing Service d’Enovos. L’hypothèse est prudente : un groupe en autogestion gagne un peu plus.
| Installation | Surplus annuel | Tout injecté | Partagé avec 3 voisins | Partagé avec 6 voisins | Partagé avec 10 voisins |
|---|---|---|---|---|---|
| 5 kWc | ≈ 3 600 kWh | ≈ 181 €/an | ≈ 278 €/an 76 % partagé | ≈ 308 €/an 100 % partagé | ≈ 308 €/an 100 % partagé |
| 8 kWc | ≈ 6 800 kWh | ≈ 342 €/an | ≈ 467 €/an 52 % partagé | ≈ 543 €/an 84 % partagé | ≈ 581 €/an 100 % partagé |
| 12 kWc | ≈ 11 200 kWh | ≈ 559 €/an | ≈ 704 €/an 37 % partagé | ≈ 809 €/an 64 % partagé | ≈ 901 €/an 87 % partagé |
Calculs Switchr.lu, septembre 2026, hors TVA. Le revenu du partage inclut l’injection des kWh que le groupe n’absorbe pas ; le pourcentage indique la part du surplus qui trouve preneur. Le modèle raisonne sur une journée moyenne par mois : en conditions réelles, la part partagée est un peu plus faible.
Exemple : 8 kWc et six voisins. Sur 6 800 kWh de surplus, 84 % trouvent preneur dans le groupe. Le revenu passe de 342 € (tout injecté) à 543 €, soit 201 € de plus par an sans investissement, et à environ 630 € si le groupe se gère lui-même. Chaque voisin économise de son côté environ 59 € par an.
Hypothèse : coût net de 5 000 € après Klimabonus, électricité achetée 20 c€/kWh TTC.
Sans partage : 1 886 kWh autoconsommés (377 €) + 3 625 kWh injectés (181 €) = 559 €/an, amortissement en 9,0 ans.
Avec trois voisins : 377 € + 278 € = 655 €/an, amortissement en 7,6 ans.
Avec six voisins : 685 €/an, amortissement en 7,3 ans.
Un partage bien dimensionné augmente de 50 à 70 % le revenu du surplus et raccourcit d’un à deux ans l’amortissement d’une installation neuve.
Fixer le tarif du groupe : faites la moyenne entre le prix d’injection du producteur et le coût évité du voisin, puis arrondissez à la baisse. Un tarif attractif attire plus de consommateurs, et c’est leur nombre qui fait le volume partagé.
4. Autoconsommation collective ou communauté énergétique : quel groupe choisir ?
La loi distingue l’autoconsommation collective, un simple groupe de compteurs sans entité juridique, et les communautés énergétiques, portées par une personne morale, le plus souvent une asbl ou une coopérative, notifiée au régulateur. Le choix dépend surtout de la distance entre les membres.
| Type | Périmètre | Membres | Entité juridique | Frais de réseau sur les kWh partagés | Cas typique |
|---|---|---|---|---|---|
| ACR | Même bâtiment, un seul point de raccordement | Illimités | Aucune | Exonérés | Copropriété, résidence |
| AC1 | ≤ 100 m entre les deux points les plus éloignés | 3 utilisateurs maximum | Aucune | Exonérés | Deux ou trois maisons voisines |
| APS | Plusieurs compteurs d’un même utilisateur | Un seul utilisateur | Aucune | Dus, sauf sites à moins de 100 m | Entreprise ou commune multi-sites |
| CEL | ≤ 300 m entre les deux points les plus éloignés | Illimités | Personne morale (asbl, coopérative…) | Exonérés | Rue, lotissement, village |
| CER | Tout le pays | Illimités | Personne morale (asbl, coopérative…) | Dus (5,10 c€) | Membres dispersés, coopératives nationales |
Creos prévoit aussi une sixième catégorie, la CEN (communauté énergétique non renouvelable), sans aucune exonération ; elle ne concerne pas le partage solaire. Sources : Creos — Je partage mon énergie · loi modifiée du 1er août 2007, art. 8ter et 20 (5ter) · Klima-Agence — Communauté énergétique
Même immeuble : ACR, le cas le plus simple. Un ou deux voisins immédiats : AC1, sans association. Une rue ou un lotissement : CEL, qui demande une asbl mais reste exonérée de frais de réseau jusqu’à 300 m. Des membres dispersés : CER, où les frais de réseau restent dus et l’avantage de prix se réduit.
5. Partage, injection ou batterie : que choisir ?
| Option | Valeur du kWh excédentaire | Investissement | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Injection au prix de marché | ≈ 4 à 6 c€ (autour de 1 c€ en avril 2026) | 0 € | Le régime par défaut : rien à faire, mais un revenu faible et variable |
| Partage local (ACR, AC1, CEL) | 8 à 12 c€ moins 0 à 1,5 c€ de frais de gestion | 0 € | Producteurs qui ont des voisins à moins de 300 m |
| Communauté nationale (CER) | Tarif de la communauté (8 c€ HT chez Voltizy Community, août-décembre 2026) | 0 € | Producteurs sans voisins intéressés ; frais de réseau dus côté consommateur |
| Batterie domestique | ≈ 20 c€ (kWh consommé le soir) | 5 000 à 9 000 € pour 10 kWh, moins 2 250 € de Klimabonus | Forte consommation le soir ; ne valorise que 1 500 à 2 500 kWh par an et se cumule avec le partage |
Le partage est fait pour vous si…
- Votre surplus est vendu au prix de marché
- Des voisins à moins de 300 m consomment en journée
- Votre surplus dépasse 1 000 kWh par an
- Vous vivez en copropriété ou en lotissement
L’intérêt est limité si…
- Aucun consommateur à moins de 300 m (une communauté nationale reste possible)
- Votre batterie absorbe déjà presque tout le surplus
- Votre surplus reste inférieur à 600 kWh par an
6. Qui gère le groupe ? Autogestion, Energy Sharing Service d’Enovos ou communauté existante
Un groupe de partage demande du travail à deux moments. À la création : désigner un représentant, réunir les numéros de compteur (POD), choisir la clé de répartition et faire signer la convention à tous les membres. Chaque mois ensuite : Creos calcule les volumes partagés mais ne facture pas ; il faut donc facturer chaque consommateur, reverser au producteur, relancer les retards de paiement et gérer les entrées et sorties de membres.
| Option | Qui s’en occupe | Coût | Adapté à | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Autogestion | Le représentant du groupe (ou le syndic) : création, factures, encaissements, relances | 0 € | Une famille, ou deux ou trois voisins qui se font confiance | Un retard de paiement ou un désaccord se règle directement entre voisins, ce qui peut vite devenir délicat |
| Service de gestion Energy Sharing Service d’Enovos | Enovos, de A à Z : conseil, création du groupe sur mandat, facturation SEPA, relances, service client | 0,015 € HT par kWh partagé et par compteur, sans frais fixe | Groupe à créer ou déjà enregistré, dès qu’il dépasse quelques foyers ou que les membres se connaissent peu | Ouvert aux clients de tous les fournisseurs et aux cinq types de groupes |
| Communauté existante e-community.lu, Voltizy Community, ShareLux Energy | La communauté | Tarif fixé par la communauté (Voltizy Community : 8 c€ HT/kWh en CER, 13 c€ HT en autoconsommation collective, août-décembre 2026) | Producteur sans voisins intéressés, locataire sans panneaux | Souvent nationale (CER) : frais de réseau dus, gain plus faible qu’en groupe local |
Tarifs et services décrits par chaque acteur, vérifiés le 22 septembre 2026, hors TVA.
L’autogestion : idéale entre proches
Gérer soi-même son groupe ne coûte rien et fonctionne bien en famille ou entre voisins qui se font confiance. Chaque mois, il faut extraire les données de LENEDA, calculer la part de chacun, émettre les factures, suivre les paiements et reverser au producteur. La difficulté tient moins au calcul qu’à la relation : relancer un voisin en retard ou trancher un désaccord sur une facture reste délicat. Au-delà de trois ou quatre foyers, ou si les membres se connaissent peu, un service de gestion évite ces frictions.
L’Energy Sharing Service d’Enovos : une gestion de A à Z
Lancé début 2026, l’Energy Sharing Service d’Enovos accompagne le groupe de sa création à son fonctionnement quotidien. Enovos aide d’abord à choisir le type de groupe et un tarif de partage adapté.
- Groupe à créer : les membres transmettent les numéros de leurs points de comptage (injection et consommation) et signent un contrat électronique qui donne mandat à Enovos pour effectuer les démarches auprès du gestionnaire de réseau et sur LENEDA.
- Groupe déjà enregistré : la mise en route est plus rapide, Enovos reprend directement la gestion.
- Au quotidien : contrats, facturation par prélèvement SEPA, reversements au producteur, relances (après deux prélèvements SEPA infructueux, le représentant et le membre sont prévenus et le membre règle par virement ; sans paiement après le troisième rappel, Enovos peut le suspendre), entrées et sorties de membres, changements de tarif (possibles tous les 90 jours), service client et tableaux de bord MyEnovos (web et application).
- Prix : 0,015 € HT par kWh partagé et par compteur, côté production comme côté consommation, sans frais fixe. Pour 8 kWc et six voisins (environ 5 700 kWh partagés par an) : environ 86 € par an pour le producteur et 14 € par voisin.
- Conditions : ouvert aux particuliers, PME et communes, clients de tous les fournisseurs, et aux cinq types de groupes ; un point de comptage raccordé au réseau luxembourgeois suffit.
Démarrer avec Enovos en trois temps : indiquer sa situation dans le formulaire de la page Energy Sharing Service (groupe déjà enregistré, groupe à créer ou groupe à rejoindre), transmettre les numéros de compteur des membres, puis signer le mandat électronique. Enovos se charge ensuite des démarches et de la gestion au quotidien.
Sans voisins : rejoindre une communauté existante
Des coopératives comme e-community.lu, Voltizy Community ou ShareLux Energy accueillent producteurs et consommateurs de tout le pays. C’est la seule façon de vendre son surplus au-dessus du prix de marché sans voisins intéressés, mais l’avantage est plus faible : ces communautés sont le plus souvent nationales (CER), et les frais de réseau restent dus sur les kWh partagés.
Dans tous les cas : le groupe doit être enregistré auprès du gestionnaire de réseau, par son représentant ou par un service de gestion mandaté par les membres, et le risque d’impayé reste chez le producteur : un service de gestion relance et suspend le membre défaillant, mais ne reverse que les sommes réellement encaissées.
7. Créer son groupe en six étapes
Comptez un à trois mois entre la première réunion de voisins et le premier kWh partagé, dont au moins un mois pour l’enregistrement chez Creos. Aucun électricien n’intervient.
Même bâtiment : ACR. Jusqu’à trois utilisateurs à moins de 100 m : AC1. Voisinage jusqu’à 300 m entre les deux points les plus éloignés : communauté énergétique locale (CEL). Membres dispersés dans le pays : communauté d’énergie renouvelable (CER). Seuls les groupes locaux (ACR, AC1, CEL) sont exonérés des frais de réseau sur les kWh partagés.
Il faut au moins un producteur et des consommateurs titulaires d’un contrat d’électricité et équipés d’un compteur Smarty. La clé de répartition est statique : par priorité, par pourcentage ou au prorata de la consommation.
En pratique, une asbl, sans notaire et avec les statuts types de Klima-Agence, ou une société coopérative, dont la constitution est notifiée au régulateur par formulaire. Les groupes d’autoconsommation collective (ACR, AC1, APS) n’ont besoin ni d’entité ni de notification.
Le représentant dépose la demande sur myCreos ou auprès de son gestionnaire de réseau local : liste des membres, numéros de compteur (POD), clé de répartition, puis convention signée par tous. Chaque membre doit disposer d’un Energy ID sur LENEDA. Comptez au moins un mois. Cette démarche peut aussi être confiée à un service de gestion : chez Enovos, les membres transmettent leurs numéros de compteur et signent un mandat électronique.
La plupart des groupes retiennent 8 à 12 c€/kWh, entre le prix d’injection du producteur (4 à 6 c€) et le coût évité du consommateur (17 à 19 c€ HT). Reste à choisir qui facture et relance : le représentant lui-même, gratuitement, ou un service de gestion comme l’Energy Sharing Service d’Enovos, pour 0,015 € HT par kWh partagé et par compteur.
Dès l’activation, le gestionnaire de réseau calcule chaque quart d’heure les kWh partagés et les transmet aux fournisseurs des membres. Le surplus non partagé reste injecté selon le contrat de rachat ; chaque membre suit ses données sur LENEDA avec son Energy ID.
8. Copropriétés, communes et PME
Copropriétés (ACR). La toiture alimente les appartements derrière le même point de raccordement : ni association, ni notification, ni limite de membres, ni frais de réseau sur les kWh partagés. L’assemblée générale fixe la clé de répartition et le tarif interne ; le syndic peut assurer la facturation ou la confier à un service de gestion.
Communes (CEL). L’école, le hall sportif ou la mairie produisent, les habitants voisins consomment, et la commune porte l’entité. Plus d’une trentaine de communes portent déjà une communauté énergétique ; Niederanven a été l’une des premières à en confier la gestion à l’Energy Sharing Service d’Enovos.
PME et multi-sites (APS). Une entreprise peut partager entre ses propres compteurs, sans frais de réseau si les sites sont à moins de 100 m ; au-delà, elle crée ou rejoint une CEL. Seules les grandes entreprises sont exclues des communautés énergétiques. Pour la fourniture restante, voir notre comparateur électricité pro.
9. Fiscalité et risques
Jusqu’à 30 kWc, la production d’un particulier est une « activité d’amateur » (circulaire L.I.R. n° 14/2 du 5 juin 2023) : les revenus d’injection et de partage ne sont ni imposables ni à déclarer. TVA de 3 % sur l’installation, 17 % sur la batterie.
Le Smarty suffit, sans compteur ni boîtier supplémentaire. Chaque membre suit ses données quart-horaires dès le lendemain sur LENEDA. Toute modification du groupe se demande au gestionnaire de réseau un mois à l’avance.
L’impayé d’un voisin, supporté par le producteur, et le déséquilibre : avec trop peu de voisins, une partie du surplus reste injectée au prix de marché. Entre proches, une discussion suffit souvent ; au-delà, un service de gestion évite d’avoir à relancer soi-même ses voisins.
10. Lexique du partage d’énergie
- Partage d’énergie
- Répartition, entre les membres d’un groupe enregistré chez le gestionnaire de réseau, de l’électricité renouvelable qu’un producteur n’autoconsomme pas, calculée par quart d’heure et payée au tarif fixé par le groupe.
- Autoconsommation collective (ACR, AC1, APS)
- Groupe de compteurs sans entité juridique : même bâtiment (ACR), trois utilisateurs au plus à moins de 100 m (AC1) ou plusieurs sites d’un même utilisateur (APS).
- Communauté énergétique locale (CEL)
- Personne morale, le plus souvent une asbl ou une coopérative, dont les membres sont raccordés en basse tension à 300 m au plus les uns des autres ; les kWh partagés y sont exonérés de frais de réseau volumétriques.
- Communauté d’énergie renouvelable (CER)
- Communauté énergétique sans limite de distance, à l’échelle du pays ; les frais de réseau restent dus sur les kWh partagés.
- Clé de répartition
- Règle qui attribue les kWh produits aux consommateurs du groupe : par priorité, par pourcentage fixe ou au prorata de la consommation de chaque quart d’heure.
- Coût évité
- Ce que le consommateur aurait payé à son fournisseur pour le même kWh : énergie, frais de réseau volumétriques et taxe, soit 17 à 19 c€ HT dans un groupe local.
- MW Solar
- Marktwert Solar, valeur de marché mensuelle de l’électricité solaire publiée par les gestionnaires de réseau de transport allemands ; elle sert de référence au prix de rachat du surplus (Enovos : MW Solar × 0,8).
- LENEDA et Energy ID
- Plateforme nationale de données énergétiques exploitée par Creos depuis le 20 mars 2025 ; l’Energy ID est l’identifiant personnel qui relie vos compteurs à votre compte.
- Service de gestion (organisateur de partage)
- Tiers mandaté par les membres pour administrer leur groupe : création auprès du gestionnaire de réseau, contrats, facturation, reversements, relances, service client. C’est le rôle de l’Energy Sharing Service d’Enovos ; le gestionnaire de réseau calcule les volumes mais ne facture pas.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le partage d’énergie au Luxembourg ?
C’est la possibilité, pour un producteur d’électricité renouvelable, le plus souvent photovoltaïque, de céder le surplus qu’il n’autoconsomme pas à un groupe de consommateurs enregistré auprès du gestionnaire de réseau : voisins, copropriété, commune ou PME. Le partage est calculé chaque quart d’heure à partir des compteurs Smarty. Chaque membre garde son fournisseur ; seuls les kWh partagés sont payés au tarif du groupe.
À quel prix puis-je revendre mon surplus solaire en 2026 ?
Injecté dans le réseau, le surplus est payé au prix de marché, indexé sur l’indice MW Solar : 4 à 6 c€/kWh en moyenne, mais 1,05 c€ en avril 2026 et 5,09 c€ en août chez Enovos. C’est le régime imposé depuis le 4 janvier 2026 aux installations aidées par le Klimabonus. Partagé avec des voisins, le même kWh se vend 8 à 12 c€, prix librement fixé par le groupe, moins 0 à 1,5 c€ de frais de gestion.
Le partage d’énergie est-il plus rentable que l’injection dans le réseau ?
Oui. Un kWh partagé à 10 c€ rapporte 8,5 c€ après 1,5 c€ de frais de gestion, soit 70 % de plus qu’un kWh injecté à 5 c€. Une installation de 8 kWc entourée de six voisins passe ainsi d’environ 340 € à 540 € de revenu de surplus par an, et à 630 € si le groupe se gère lui-même. Seuls les kWh produits et consommés au même moment sont partagés : c’est le nombre de voisins qui fait le volume.
Puis-je vendre mon électricité directement à mon voisin ?
Oui, via un groupe de partage enregistré auprès du gestionnaire de réseau. Jusqu’à trois utilisateurs à moins de 100 mètres, un groupe d’autoconsommation collective (AC1) suffit, sans association. Au-delà, et jusqu’à 300 mètres entre les deux points les plus éloignés, il faut une communauté énergétique locale (CEL) portée par une asbl ou une coopérative. Le prix du kWh est libre.
Qui peut gérer un groupe de partage d’énergie ?
Le gestionnaire de réseau calcule les volumes mais ne facture pas, d’où trois options. L’autogestion, gratuite, convient à une famille ou à des voisins qui se font confiance : relancer soi-même un retardataire ou régler un litige peut vite devenir délicat. Un service de gestion, comme l’Energy Sharing Service d’Enovos, prend le groupe en charge de A à Z, de sa création à la facturation et aux relances. Enfin, on peut rejoindre une communauté existante.
Combien coûte l’Energy Sharing Service d’Enovos ?
0,015 € HT par kWh partagé, à chaque compteur concerné, côté production comme côté consommation, sans frais fixe ni abonnement : 75 € par an pour un producteur qui partage 5 000 kWh, 12 € pour un voisin qui en reçoit 800. Ce prix comprend le conseil sur le type de groupe et le tarif, la création du groupe sur mandat des membres, la facturation SEPA, les reversements, les relances et le service client.
Comment confier son groupe de partage à Enovos ?
Si le groupe n’existe pas encore, les membres transmettent à Enovos les numéros de leurs points de comptage (injection et consommation) et signent un contrat électronique qui lui donne mandat pour effectuer les démarches auprès du gestionnaire de réseau et sur LENEDA. Si le groupe est déjà enregistré, la mise en route est plus rapide : Enovos reprend la facturation, les entrées et sorties de membres et les changements de tarif, possibles tous les 90 jours.
Faut-il être client d’Enovos pour utiliser l’Energy Sharing Service ?
Non. Le service est ouvert aux particuliers, PME et communes, quel que soit leur fournisseur d’électricité, et couvre les cinq types de groupes renouvelables (ACR, AC1, APS, CEL, CER). Seul un point de comptage raccordé au réseau luxembourgeois est requis. Chaque membre garde son contrat ; Enovos facture uniquement les kWh partagés, au tarif fixé par le groupe, plus 0,015 € HT par kWh et par compteur.
Dois-je changer de fournisseur d’électricité pour partager mon énergie ?
Non. Chaque membre garde son contrat : son fournisseur facture la consommation restante, après déduction des kWh partagés. Les services de gestion, dont celui d’Enovos, sont ouverts aux clients de tous les fournisseurs. Le producteur conserve aussi son contrat de rachat pour le surplus que le groupe n’absorbe pas.
Ai-je besoin d’un compteur ou d’une installation supplémentaire ?
Non. Le compteur Smarty, présent dans tous les foyers, mesure séparément consommation et injection chaque quart d’heure, et le gestionnaire de réseau s’en sert pour calculer le partage. Ni câble, ni boîtier, ni électricien. Chaque membre a seulement besoin d’un Energy ID sur la plateforme LENEDA.
Quel prix fixer pour le kWh partagé dans notre groupe ?
Le prix est libre, mais il doit dépasser ce que le producteur toucherait en injectant (4 à 6 c€) et rester sous le coût évité du consommateur (17 à 19 c€ HT dans un groupe local). La plupart des groupes retiennent 8 à 12 c€. Règle simple : faire la moyenne des deux bornes et arrondir à la baisse, car un tarif attractif attire plus de voisins, et c’est leur nombre qui fait le volume partagé.
Quels sont les risques du partage d’énergie ?
Deux risques. L’impayé : si un consommateur ne paie pas, le producteur supporte la perte ; un service de gestion comme celui d’Enovos prévient le représentant et le membre après deux prélèvements SEPA infructueux, peut suspendre le membre après un troisième rappel resté sans effet, mais ne reverse que les sommes encaissées. Le déséquilibre : avec trop peu de voisins, une grande partie du surplus reste injectée au prix de marché.
Peut-on partager de l’énergie dans une copropriété ?
Oui, c’est le cas le plus simple. Le groupe d’autoconsommation collective (ACR) réunit tous les résidents derrière le même point de raccordement, sans limite de membres, sans association et sans frais de réseau sur les kWh partagés. L’installation peut appartenir au syndicat ou à un copropriétaire ; l’assemblée générale fixe la clé de répartition et le tarif interne.
Peut-on rejoindre une communauté énergétique existante sans voisins intéressés ?
Oui. Des coopératives comme e-community.lu, Voltizy Community ou ShareLux Energy accueillent producteurs et consommateurs de tout le pays, y compris des locataires sans panneaux. Ce sont le plus souvent des communautés d’énergie renouvelable (CER) : les frais de réseau restent dus et le prix est fixé par la communauté, par exemple 8 c€ HT/kWh chez Voltizy Community d’août à décembre 2026.
Les revenus du partage d’énergie sont-ils imposables ?
Non, pour un particulier dont l’installation ne dépasse pas 30 kWc : la production est une activité d’amateur, et les revenus d’injection ou de partage ne sont ni imposables ni à déclarer (circulaire L.I.R. n° 14/2 du 5 juin 2023). Au-delà de 30 kWc, ils relèvent du bénéfice commercial. L’installation bénéficie d’une TVA de 3 %.
Peut-on combiner une batterie domestique et le partage d’énergie ?
Oui, les deux se complètent. La batterie stocke le surplus de la journée pour la consommation du soir, qui vaut environ 20 c€ par kWh, mais n’absorbe que 1 500 à 2 500 kWh par an pour 10 kWh de capacité. Le reste, surtout au printemps et en été, se partage : une installation de 8 kWc avec 10 kWh de batterie garde environ 4 700 kWh de surplus annuel à partager ou à injecter.